Maitre Mustapha Zine “Le golf au Maroc est en pleine évolution”

L’an passé, Rhys Davies et Louis Oosthuizen, respectivement vainqueur et 2ème du Trophée Hassan II, ont vu leur carrière se transformer après leurs performances à Rabat. Disputer le Trophée Hassan II change t-il le destin des joueurs ? Vous citez Rhys Davies et Louis Oosthuizen, effectivement leurs performances au Trophée Hassan II ont été l’amorce d’exploits futurs. Je pense notamment à la victoire d’Oosthuizen à l’Open britannique quelques mois plus tard. Un phénomène qu’on a pu vérifier tout au long de l’histoire du Trophée Hassan II. Le plus bel exemple reste à ce jour Vijay Singh qui a remporté au Royal Dar Es Salam en 1991 sa première grande victoire professionnelle. Plus tard, il gagnait des tournois majeurs et devenait n°1 mondial à la place de Tiger Woods. Le Trophée Hassan II est donc un tremplin pour les espoirs du golf ? Oui. Vous savez qu’aujourd’hui, il est difficile de faire venir le top 20 mondial dans un tournoi, tous ces joueurs coûtent très cher. Nous cherchons donc à maintenir un équilibre entre quelques grands noms et les espoirs du golf, tous ces talents prometteurs qui seront les champions de demain. Combien y aura-t-il de Marocains dans le tournoi ? Nous avons décidé de sélectionner deux de nos représentants à travers leurs résultats sportifs. C’est par le biais de la Course au Trophée mise en place par l’Association du Trophée Hassan II à travers son circuit, l’Atlas Pro Tour que Younès El Hassani, notre n°1 national, et Fayçal Serghini ont brillamment gagné leur place pour le Trophée Hassan II. Pour nos deux champions, c’est une belle opportunité de briller devant leur public. Il leur reste à rendre des scores régulièrement en dessous du par, à bien gérer les parcours et à surmonter leur stress. Le golf marocain est en pleine évolution et nous sommes en train de construire de futurs champions. Vous verrez que dans quelques années, il y aura de plus en plus de Marocains au Trophée. Pour la première de son histoire, le Trophée Hassan II se dispute à Agadir. Pourquoi avoir quitté Rabat et le Royal Golf Dar Es Salam ? 2011 est l’année du golf à Agadir. Son Altesse Royale, Le Prince Moulay Rachid, président de l’Association du Trophée Hassan II, nous a demandé d’accompagner Agadir et d’y organiser le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem. Deuxièmement, il est important d’encourager la région d’Agadir qui a beaucoup investi dans les golfs. D’autres projets devraient bientôt voir le jour à Agadir et dans sa région. Troisièmement, le Royal Golf Dar es Salam est très sollicité, il a besoin de se reposer un moment. Ce sera l’occasion d’entreprendre des travaux pour le rendre encore plus sélectif. Sait-on déjà où se joueront l’an prochain le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem ? Pour ancrer l’idée qu’Agadir est une grande destination golfique, je pense qu’il faut y maintenir ces deux tournois l’an prochain. Pour la ville, le Trophée Hassan II est une vitrine exceptionnelle car toutes les télévisions vont diffuser des images de cette station balnéaire, de sa baie, de sa plage et de ses golfs. Une autre ville du royaume pourrait-elle recevoir à l’avenir le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem ? D’autres villes pourraient avoir cette chance mais il faut qu’elles possèdent des parcours de championnat. Car nous sommes liés avec la PGA European Tour et le Ladies European Tour qui ont des exigences très strictes sur la qualité des golfs. Et pour organiser dans de bonnes conditions le Trophée Hassan II et la Coupe Lalla Meryem, nous avons besoin de trois parcours distincts. Aujourd’hui, seuls Rabat, Marrakech et Agadir répondent à ces exigences. Le tourisme golfique est-il un des grands axes de développement économique du Maroc ? Absolument. Le Maroc a toujours axé son développement touristique sur le haut de gamme. Et le golf répond à cette volonté. Le fait d’avoir choisi il y a 40 ans le golf comme axe de développement touristique, fut un choix excellent. En faisant venir les grands champions américains au Royal Gof Dar Es Salam, Feu Sa Majesté le Roi Hassan II fut un précurseur. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de golfeurs étrangers viennent chaque année visiter notre pays pour jouer au golf. Dans cet optique, le Trophée Hassan II est une magnifique vitrine que diffuse l’European Tour Productions dans le monde entier. Quels sont les axes de développement du golf marocain ? Pour les professionnels, nous avons créé l’Atlas Pro Tour avec deux partenaires, l’EPD Tour qui est un des circuits satellites européens et eGolf, un mini-tour américain. Ces deux circuits envoient leurs joueurs pour disputer notre circuit sur tous les golfs du Maroc. Cela permet à ces parcours de se mettre à niveau, à ces golfeurs étrangers de découvrir notre pays et à nos pros d’être en compétition avec des joueurs de très haut niveau et d’évoluer sur le plan sportif. Le deuxième axe a été la création d’écoles de golf près de chaque grand club du Royaume. Ensuite, nous avons sélectionné entre 30 et 40 joueurs pour aller dans un sport études à Bouznika, près de Rabat. Le matin, ils suivent les cours de l’école, l’après-midi, ils s’entraînent au golf avec des coachs. Et enfin, nous avons créé, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, l’Académie Royale de golf à Dar Es Salam pour tous les jeunes talents marocains. Revenons au Trophée Hassan II et à la Coupe Lalla Meryem. Quel est votre pronostic pour ces deux tournois ? Cette année, c’est très ouvert. Car en plus de certains joueurs européens que nous connaissons bien, nous avons des joueurs asiatiques que nous connaissons moins et qui vont défendre chèrement leurs chances. Je ne préfère donc pas donner de pronostics. Chez les femmes, notre joueuse Maha Haddioui dispute son premier grand tournoi depuis qu’elle est passée pro. Je suis convaincu qu’elle se comportera de la plus belle des manières. Mais pour le reste, je dirais: que le meilleur gagne! – See more at: http://old.frmg.ma/news/14-maitre-mustapha-zine-le-golf-au-maroc-est-en-pleine-evolution.html#sthash.F1utC8Ih.dpuf